Le rachat de Marionnaud fait peser un « risque social élevé » sur l'entreprise
La reprise de l'enseigne de parfumerie Marionnaud inquiète les organisations syndicales, qui ont multiplié les mobilisations ces derniers jours.

© Photo Pascal Sittler / REA - MEDIAPART
En cause : un projet de cession jugé flou, porté par un repreneur qui ne s'engage sur rien à moyen terme, alors que l'expertise commandée par le CSE alerte sur un risque social élevé pour les 2 375 salariées de l'enseigne.
Un projet de reprise contesté
Marionnaud, détenue depuis 2005 par le groupe hongkongais AS Watson (CK Hutchison Holdings), est en cours de cession à David Konckier, PDG du groupe Bogart (Ted Lapidus, April, Stendhal). Baptisé « Revival », le projet de reprise a été présenté au CSE début juillet 2026, sans que les élu·es du personnel disposent selon eux d'une visibilité suffisante sur ses modalités concrètes.
L'expertise indépendante commandée par le CSE pointe un décalage entre les intentions affichées par les investisseurs et les moyens réels pour les atteindre. Elle relève notamment une réduction annuelle programmée de 3 millions d'euros sur les frais de personnel en magasin, ainsi que 227 magasins aujourd'hui déficitaires, concernant plus de 500 salariés.
Le 7 septembre 2026, le CSE a refusé de rendre un avis sur le projet, faute de documents suffisants, et a assigné Marionnaud en justice.
Une intersyndicale mobilisée
Toutes les organisations représentatives de l'enseigne — CGT, CFDT, Unsa et CFE-CGC — se sont associées pour porter des revendications communes : une garantie d'absence de licenciement pendant trente-six mois, et la mise en place par AS Watson d'une enveloppe dédiée aux indemnités supralégales en cas de futur plan social, le repreneur ayant d'ores et déjà indiqué ne pas pouvoir en assumer la charge.
Trois journées d'action ont eu lieu fin août et début septembre, dont un débrayage national le samedi 5 septembre : plus de cent magasins fermés dans l'après-midi et une mobilisation qualifiée de forte par les délégué·es syndicales.
L'expertise du CSE souligne par ailleurs une dégradation continue des conditions de travail, avec une hausse de 38 % des arrêts maladie entre 2024 et 2025.
Pour plus d'informations
Les salariées de Marionnaud et les personnes concernées par ce dossier peuvent se rapprocher de la CFE-CGC Activités diverses et plus particulièrement à la CFE-CGC Marionnaud, Christelle LAUNE.









