Assurance chômage : l’État veut à nouveau prélever 2 milliards d’euros
Selon les prévisions financières publiées par l’Unédic le 21 octobre, ce nouveau prélèvement ferait basculer le régime dans le déficit en 2027.

Photo: Unédic
Un régime financé par les salariés et les entreprises
L’Assurance chômage est financée par les contributions des employeurs et par une part de la CSG acquittée par les salariés. Elle est gérée par l’Unédic, organisme paritaire piloté par les organisations syndicales, dont la CFE-CGC, et patronales.
Un excédent transformé en déficit
Sans intervention de l’État, le régime serait excédentaire de 1,4 milliard d’euros en 2027. Le prélèvement de 2 milliards annoncé par le gouvernement le ferait passer à -0,6 milliard, l’obligeant à s’endetter davantage. Sa dette dépasserait alors 62 milliards d’euros.
Depuis 2023, l’État a déjà prélevé 12 milliards d’euros dans les comptes du régime. Avec cette nouvelle ponction, le total atteindrait 14 milliards.
Un paradoxe dénoncé par les partenaires sociaux
Syndicats et patronat pointent une incohérence : quand le régime est déficitaire, ils restent seuls responsables de son équilibre. Quand il devient excédentaire, grâce à des réformes qui représenteront 9 milliards d’économies par an dès 2028, l’État en capte les ressources pour combler son propre déficit.
Pour les gestionnaires du régime, ce transfert s’apparente à une taxe déguisée sur les salariés et les entreprises. Ces recettes ont vocation à sécuriser les parcours professionnels et à amortir les chocs économiques, pas à servir de variable d’ajustement budgétaire









